Le Premier ministre Jonas Gahr Støre aux funérailles du roi Harald V, 9 septembre 2026 - Photo:Synne Kvam, Forsvarsdepartementet
Synne Kvam, Forsvarsdepartementet

Discours du Premier ministre lors des funérailles du roi Harald V

Vos Majestés,

Vos Altesses Royales,

Mesdames et Messieurs,

Dans son dernier discours du Nouvel An, le roi Harald a mentionné une visite à Aremark. Il a évoqué la façon dont la reine Sonja et lui s’étaient regardés et avaient souri sur le chemin du retour, ainsi que la gratitude qu’ils ressentaient souvent après leurs nombreux voyages à travers la Norvège.

Vers la fin de son allocution, le roi nous avait proposé de nous poser chaque jour une question :

« De quoi suis-je reconnaissant aujourd’hui ? »

Ces derniers jours, la Norvège a répondu, à travers les fleurs, les dessins d’enfants, les poèmes et les souvenirs que nous avons partagés.

Nous sommes profondément reconnaissants.

Reconnaissants pour ces trente-cinq années durant lesquelles le roi Harald fut le roi de Norvège.

Mais avant tout, reconnaissants pour la manière dont il l’a été.

Il a su rendre le solennel humain.

Lorsque nous étions dans la joie, il se réjouissait avec nous, avec son rire et l’étincelle dans le regard.

Lorsque le deuil nous frappait, comme après le 22 juillet, il partageait également notre peine.

« Nous rendons grâce à Dieu pour les traces sur le rivage, pour le fracas des vagues », a chanté la chorale lorsque nous sommes entrés dans cette église.

Le roi Harald aimait la mer : la nature, la liberté et la camaraderie qu’elle inspire.

Le long des côtes, à bord du navire royal, mais aussi à travers montagnes et vallées, vers les villes comme vers les villages de notre long pays, le roi Harald et la reine Sonja ont voyagé.

Et il arrivait en roi, pour repartir enrichi des impressions laissées par toutes les personnes qu’il avait rencontrées.

Le pays que le roi découvrait au cours de ses voyages, nous le retrouvions dans ses discours.

Il a rendu la Norvège plus grande.

Il parlait d’un « nous » norvégien : un pays où chacun est là pour les autres, où chacun porte une responsabilité envers la collectivité et où chaque personne possède la même valeur, du roi Salomon au plus humble artisan.

Le roi assumait lui-même sa responsabilité avec un profond respect pour la Constitution.

Vendredi après vendredi, il présidait le Conseil des ministres au Palais royal, animé d’un sens du devoir qui ne l’a jamais quitté. Il a présidé notre Conseil des ministres le 7 août. C’était il y a seulement un mois.

Pour moi, en tant que Premier ministre, comme pour mes prédécesseurs présents dans cette salle aujourd’hui, le roi était un interlocuteur unique.

Car, au sein de cet échange par ailleurs formel, nous rencontrions non seulement le Roi, mais aussi un être humain, un père et un grand-père. Nous pouvions parler du monde et de la Norvège, mais aussi de la vie elle-même.

Aujourd’hui, nos pensées vont à ceux qui étaient les plus proches du roi Harald : la famille royale.

Nous avons vu la proximité qui unit les générations au sein de cette famille.

Et nous voyons l’amour qui unit notre nouveau roi et notre nouvelle reine.

Vous avez partagé avec tout un peuple un père, un beau-père, un grand-père et un être humain que vous aimiez. Nous vous en remercions.

Une part essentielle de l’œuvre du roi fut également l’action de la reine Sonja à ses côtés, ainsi que son engagement inlassable en faveur de la culture, de la nature et des randonnées vers ces lieux « où personne n’aurait cru que quelqu’un puisse y vivre ».

Une image me vient à l’esprit :

Au sommet du mont Stortinden, dans la commune de Vågan, aux Lofoten, se trouve Dronningvarden, le cairn de la Reine. Sur ce monument sont gravés les propres mots de la reine Sonja :

« Quel pays ! »

Au nom de nous tous, je réponds :

Quelle reine !

Le roi Harald a tout donné pour la Norvège.

Nous sommes réunis pour pleurer sa disparition et pour lui rendre hommage.

Une époque s’achève.

Une nouvelle commence.

La monarchie norvégienne poursuit l’histoire et demeure solidement ancrée dans la Constitution et la démocratie.

Au nom du peuple norvégien, je dis :

Merci pour tout.

Et à Sa Majesté le roi Haakon VIII, je dis :

Vive le Roi !