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Discours de Tonje Skinnarland, Cheffe d’Etat-Major de l’armée de l’air norvégienne, devant le mémorial de l'équipage du Lancaster, à Osmanville, le 6 juin 2019

Seul le prononcé fait foi

Mme la ministre de la Défense, M. le Maire, Mme l’Ambassadeur, M. le Chef d’Etat-Major de la Défense, mesdames et messieurs, chers amis,

Juste avant l'aube, au matin du 6 juin 1944, dix-huit bombardiers Lancaster de l'escadron 97 de la Royal Air Force ont survolé ici les côtes de Normandie. Leur mission était l'une des plus importantes de l'invasion alliée de la France : marquer et bombarder la zone d'importance stratégique de la Pointe du Hoc et ses forteresses côtières environnantes.

La Pointe du Hoc est située sur la côte, à l’ouest d’Omaha Beach. Six canons de 155 millimètres y étaient positionnés, encastrés dans des bunkers de béton fortement fortifiés. Ces armes étaient positionnées pour décimer toute force militaire qui débarquerait sur les plages en contrebas. Pendant la planification du Jour J, il était clair pour les alliés que la Pointe du Hoc devrait être prise et détruite avant toute chose.

L’un des Lancaster dont la mission était de bombarder la Pointe du Hoc était composé d’un équipage de plusieurs nationalités, et dirigé par le Lieutenant norvégien Finn Varde Jespersen. Cet équipage, qui était composé de quatre autres Norvégiens, d'un Britannique et d'un Canadien, était inexpérimenté, et avait effectué sa première mission le 17 mai 1944.

L’équipage avait accompli des résultats remarquables au cours de sa formation, et avait ainsi été promu au rang d’ « éclaireur » (les fameux «Pathfinder»). Les éclaireurs étaient un élément essentiel de la stratégie des commandants de bombardiers de la RAF pendant l'invasion. En combinant l’excellence de leurs équipages et des aides à la navigation efficaces, ils pouvaient localiser les cibles et les marquer avec des fusées éclairantes de différentes couleurs - augmentant ainsi la précision du bombardement suivant.

Il était inhabituel pour un équipage inexpérimenté de décrocher ce poste, mais l’équipage de Jespersen était considéré comme « un équipage au-dessus de la moyenne, peut-être l’un des meilleurs ayant quitté la formation Pathfinder. »

Les bombardements ont eu lieu à 4h50, le matin du 6 juin 1944. Ils ont été efficaces, et ont permis une invasion réussie du continent. À 5h01, le Lancaster du Lieutenant Jespersen a été abattu et a atterri à seulement 300 mètres de l’endroit où nous nous trouvons. Tous les membres de l'équipage ont péri après le crash.

Ce monument a été érigé en souvenir

- du Lieutenant Finn Varde Jespersen,

- du Lieutenant d'aviation William Robert McCutcheon (Royal Canadian Air Force),

- du Sergent Gerald John James (Royal Air Force),

- du Sergent Jon Ernst Herlof Evenson,

- du Sergent Christian Munster,

- du Sergent Kåre Pedersen,

- et du Sergent Knut Baade Magnus.

Ce monument est également un symbole et la reconnaissance des efforts extrêmement exigeants et périlleux que les équipages de bombardiers ont déployés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Après avoir lu des extraits du livre sur le pilote, basé sur son journal et ses lettres, j'ai été frappée par le patriotisme et le courage des hommes qui se battaient dans les airs, sur mer et sur les côtes de la Normandie. Ils se sont réellement battus pour la liberté de leurs pays, la démocratie et leur mode de vie.

Parce que la liberté a un prix. Cette liberté et cette prospérité que nombre de personnes de notre génération tiennent aujourd'hui pour acquises ont été garanties par les hommes et les femmes qui se sont battus contre un ennemi tyrannique il y a soixante-quinze ans.

La Seconde Guerre mondiale a été un événement qui a unifié les peuples de nos nations comme aucun autre moment de notre histoire. L'équipage multinational du Lancaster est un symbole de cela.

Tous nos soldats de la Seconde Guerre mondiale se sont battus pour préserver la démocratie et la liberté, partout dans le monde. C'est pourquoi nos anciens combattants méritent ce que nous pouvons leur donner de mieux. Ils méritent le plus grand honneur et notre plus profonde gratitude. Nous ne devons jamais les oublier ainsi que leurs sacrifices, et c’est justement ce à quoi nous invite ce mémorial.

On n’a pas accordé suffisamment d’attention à l’escadron 97 et aux équipages de bombardiers en général. Les avions qu’ils pilotaient étaient gros et lourds, et ils constituaient des cibles faciles pour des chasseurs agiles et plus petits. La mission d’un bombardier en Europe pouvait très souvent être sans retour.

Par conséquent, je suis extrêmement reconnaissante à la commune d’Osmanville d’avoir érigé et entretenu ce monument. Et je suis reconnaissante des efforts et des sacrifices de nos braves aviateurs et aviatrices au cours de la Seconde Guerre mondiale. Leurs efforts n'ont pas été vains. Leurs sacrifices ont permis de mettre fin à une guerre.

Nous leur devons notre liberté et notre mode de vie. Puissions-nous toujours le mériter !

En hommage au courageux équipage du Lancaster, je vais lire une strophe du poème de Laurence Binyons For the Fallen (Pour les soldats tombés) :

They shall grow not old,
As we that are left grow old;
Age shall not weary them,
nor the years condemn.
At the going down of the sun,
and in the morning,
We will remember them.

Ils ne vieilliront pas
Comme nous
Qui leur avons survécu ; 
Ils ne connaîtront jamais
L'outrage 
Ni le poids des années. 
Quand viendra l'heure du crépuscule
Et celle de l'aurore,
Nous nous souviendrons d'eux.