Exposition « L’atelier d’Antibes » (1973-1987) d’Anna-Eva Bergman, au Domaine de Kerguéhennec

05 mars 2017
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04 juin 2017
  • Où: Domaine départemental de Kerguéhennec - 56500 Bignan (Morbihan)
  • Quand: 5. mars 2017, 14:00 - 4. juin 2017, 18:00
  • Objet: Exposition Anna-Eva Bergman – L’Atelier d’Antibes (1973-1987)
  • Pour plus d´informations: http://www.kerguehennec.fr/
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Du 5 mars au 4 juin, en partenariat avec la Fondation Hartung-Bergman, le domaine de Kerguéhennec présente une vaste exposition consacrée à l’artiste norvégienne Anna-Eva Bergman (1909-1987). Au travers d’une soixantaine de pièces, dont 49 toiles et 11 œuvres sur papier, l’exposition retrace ainsi les dernières années de Bergman à Antibes (1973-1987), époque à laquelle elle s’est installée avec son mari, le peintre allemand Hans Hartung, sur les hauteurs de la ville, au cœur d’une oliveraie. Les ateliers sont devenus une fondation en 1994, laquelle fondation possède aujourd’hui un fonds exceptionnel d’œuvres et d’archives qui assure le rayonnement en France, comme à l’étranger, de l’œuvre de Bergman.

Les années d’Antibes constituent la dernière période de l’œuvre de Bergman. Plusieurs grandes expositions et rétrospectives lui seront d’ailleurs consacrées durant cette période : à la Galerie de France à Paris (1977), au Musée d’art moderne de la Ville de Paris (1977-78), au Henie Onstad Kunstsenter en Norvège (1979), à la Kunsthalle de Düsseldorf et à la Staatsgalerie Moderner Kunst de Munich (1981-82), au musée Picasso d’Antibes (1986) et à la Hochschule für Angewandte Kunst à Vienne (1987). En 1984, elle devient également membre titulaire de l’Académie des Sciences, des Arts et des Lettres.

Anna-Eva Bergman, dont l’art inclassable se métamorphose au fil des années, produit des peintures exclusivement figuratives dans la période d’avant-guerre, avant de se lancer vers la fin des années 40 dans l’abstraction. Ses œuvres évoluent ainsi vers la rigueur et la simplification, comprenant des formes et motifs comme intensifiés, ou restreints, géométriques, quasi ascétiques, avec une monumentalisation des formes, pures et irréductibles, qui se prêtent ainsi à des interprétations multiples, l’homogénéisation de la gamme colorée, ainsi que l’uniformisation des surfaces sombres, agencées à de l’or scintillant ou de l’argent étincelant, reflétant sa technique de feuille de métal adoptée dès le début des années 1950. En quelques traits uniquement, Bergman sait véritablement saisir un mouvement, un passage, et c’est là que réside la quintessence de son art singulier.

Malgré une vie privée et professionnelle vécue en grande partie à l’étranger, où elle assimila une connaissance approfondie de l’avant-garde européenne, Bergman est restée très attachée à ses racines norvégiennes. Et cela se retrouve dans ses œuvres à travers la permanence des thèmes liés au paysage norvégien, avec lequel elle avait une relation profonde, notamment après avoir effectué un voyage en bateau le long de la côte norvégienne au cours de l’été 1950 - voyage qui mobilisa tout son être et enrichit son répertoire artistique. Même si elle fut éloignée physiquement de la nature de la Norvège du Nord, on peut la retrouver perpétuellement dans ses œuvres. Mais plutôt qu’un lieu particulier, c’est son regard sur le monde qu’elle transmet ainsi mystérieusement, sur le réel, le vivant - les rythmes, les passages, les matières rendant ses œuvres équivoques, insaisissables et pourtant toujours en phase avec son temps. La dimension spirituelle d’une expérience de la nature y est rendue sous des formes archétypales telles que les montagnes, les fjords, le soleil de minuit, la lumière, les glaciers, les lacs, les chutes d’eau, la mer, la pierre, les falaises, mais aussi par le biais de figures issues de la mythologie norvégienne.

Chaque salle présentera des œuvres issues d’une même série, que ce soit Pluies, Vagues, Mistral, Eau, Rochers, Montagnes, Mer, Barques, Lac, Colline, Falaise, ou encore Horizon, pour lequel elle éprouvait une grande fascination – « (…) là où l’on passe à l’inconnu » - et qu’elle ne cessa de contempler jusqu’à la fin. Il faudra attendre le début des années 90 avant que l’art de Bergman ne prenne la place qu’il occupe aujourd’hui dans l’histoire de l’art norvégien. Anna-Eva Bergman est aujourd’hui considérée comme l’un des grands peintres paysagistes de la seconde moitié du XXe siècle.

Exposition Anna-Eva Bergman – LAtelierdAntibes (1973-1987)
Du 5 mars au 4 juin 2017
Domaine départemental de Kerguéhennec
56500 Bignan (Morbihan)
Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 18h ; le dimanche de 11h à 13h et de 14h à 18h.
Entrée libre et gratuite sur réservation au 02 97 60 31 84.