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9/10 enfants en crèches subventionnées en Norvège - Photo:Photo : Visit Norway
Photo : Visit Norway

L’équilibre vie professionnelle / vie privée en Norvège

La Norvège fait actuellement partie des pays qui respectent le plus l’égalité hommes-femmes dans le monde du travail, et ayant mis en place de nombreux systèmes d’allocations parentales les dernières décennies. Selon le gouvernement norvégien, la féminisation de la main d’œuvre depuis les années 1972 a un impact décisif sur la croissance économique de la Norvège.

En avril 2019, la Commission de l’Union Européenne a présenté une directive au sujet de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée (« work-life-balance »). L’initiative contient des mesures non-législatives afin de soutenir des objectifs communs : faciliter les opportunités de combiner une vie professionnelle avec une vie familiale à travers des systèmes de congés, pensions et solutions flexibles au travail, encourager un congé parental partagé de manière équilibré entre les deux sexes, et, enfin, renforcer l’égalité entre les hommes et les femmes dans le marché de travail.

La Norvège fait déjà partie des pays qui respectent le plus l’égalité hommes-femmes dans le monde du travail. Avec seulement 5% moins de femmes actives que d’hommes sur le marché de travail en Norvège, l’écart des salaires y est l’un des plus faible du monde.

Dans les années 1950 et au début des années 1960 en Norvège, la femme au foyer représentait un idéal. Toutefois, depuis le début des années 1970, le pays est passé de 44% à 76% de femmes actives sur le marché de travail entre 15 et 64 ans. Il y a plusieurs raisons à cette évolution : le nombre des femmes actives a augmenté à une époque de demande croissante de main-d’œuvre, en même temps que leur niveau d’études connaissait un essor remarquable. Deuxièmement, l’emploi des femmes a été facilité par un vaste système d’allocations parentales. Ayant établi plusieurs systèmes qui facilitent les opportunités de combiner une vie professionnelle avec une vie familiale, la Norvège est dans une situation où actuellement un pourcentage de 90% des pères et 81% des mères travaillent. Par ailleurs, depuis 2008, le nombre de mères travaillant à taux plein a augmenté en Norvège, avec un taux de près de 70% en 2018[1].

La féminisation de la main d’œuvre des années 1972 jusqu’aujourd’hui a eu « un impact décisif sur la croissance économique de la Norvège », a déclaré le Ministre de la Culture et l’Égalité en 2019, Trine Skei Grande[2]. C’est le constat qu’affirme la Reine Sonja, lors de son discours en Jordanie en début de mars 2020 : « La participation des femmes dans le marché de travail a eu un impact plus décisif sur l’économie norvégienne que le revenu national du secteur de pétrole et gaz. »

Les congés parentaux en Norvège : 49 semaines à répartir entre les deux parents[3]

Tout parent vivant en Norvège a le droit à un congé parental, quel que soit son statut professionnel (CDD, CDI, remplacement ou intérim). Un « congé complet » est offert aux parents ayant travaillé au moins six mois des dix derniers mois. Il est proposé soit un congé parental de 49 semaines pour les deux parents avec un taux de couverture à 100% de leur salaire ; soit un congé parental de 59 semaines avec un taux de couverture à 80% du salaire. Les congés parentaux en Norvège sont dits « égalitaristes » et « progressistes » en ce qu’ils sont alternés et à partager entre les deux parents, selon les principes suivants : 

  • Un congé maternité (réservé aux mères) de 15 semaines avec un taux de couverture à 100% des prestations parentales. Si l’on accepte un taux de couverture à 80% de prestations parentales, le congé est de 19 semaines. En plus de ce « quota des mères », la mère aura également 3 semaines avant la date de l’accouchement.
  • Un congé paternité (réservé aux pères) de 15 semaines avec un taux de couverture à 100% de prestations parentales. Ce « quota des pères » a été instauré en 1993, et a évolué remarquablement de 4 à 15 semaines aujourd’hui. Le congé est, tout comme celui de la mère, de 19 semaines si l’on accepte un taux de couverture de 80% du salaire. Durant cette période il n’y a aucune exigence que la mère soit en activité. Le congé paternité peut être pris à partir de 7 semaines après la naissance de l’enfant, ou plus tard. Il peut également être fractionné. Le nombre de pères en congé paternité a augmenté de manière croissante tant en quantité qu’en duré depuis son instauration[4]: aujourd’hui 70,6% des pères prennent leur congé paternité (versus 60% en 2008).

  • De plus, un « congé conjoint » est proposé aux parents, à répartir pendant la période des 49 semaines. Cette période est de 16 semaines à 100% de salaire ou de 18 semaines à 80% de salaire. À la différence du congé paternité, il est nécessaire qu’un des deux parents soit en activité (travail rémunéré, études ou formation) pendant que l’autre reste en congé avec l’enfant.

Il faut savoir qu’en Norvège, les places en crèche sont ouvertes quand l’enfant atteint sa première année. C’est donc aux parents de s’en occuper la première année.

280 000 enfants en crèches subventionnées 

La grande « réforme des crèches » (la « Barnehagereformen ») a été présentée en Norvège en 2002, rassemblant les partis politiques autour d’un consensus transpartisan : financer et organiser le secteur public des crèches. Puis, l’« Accord des Crèches » (« Barnehageforliket ») a été signé en 2003, instaurant le droit à toutes familles de bénéficier d’ une place en crèche pour leur enfant dès l’âge d’un an. Par ailleurs, les crèches publiques et non-publiques bénéficient du même traitement. Un tarif plafond pour une place en crèche a également été instauré, garantissant les mêmes opportunités aux familles, toutes catégories sociales confondues.

En 2018 les crèches norvégiennes ont accueilli 278 578 enfants. Aujourd’hui, 9 enfants, dans la tranche d’âge comprise entre 1 et 5 ans, sur 10 sont en crèche[5]. La crèche, organisée surtout au niveau communal mais également subventionné par l’état, constitue un élément majeur du système éducatif norvégien. De plus, un système d’accueil supplémentaire est disponible pour les familles en situation de précarité afin de renforcer leurs chances d’intégration dans le marché de travail[6].   

 

Flexibilité dans le monde de travail : Télétravail et horaires flexibles

Grâce à l’essor du numérique et, de manière générale, des technologies de l'information et de la communication, il est dorénavant possible dans un nombre croissant d’activités professionnelles d’organiser son travail à distance - c.-à-d. en dehors du lieu où le résultat du travail est attendu. Cela engendre, entre autres, plus de flexibilité dans la répartition du temps de travail [7].

Ainsi une révision de la loi liée à la sécurité et aux conditions de travail adoptée en 2006 octroie aux employés norvégiens plus de flexibilité dans l’organisation de leur temps de travail à condition que cela ne présente pas d’inconvénient majeur pour l’employeur. Cette mesure a pour but principal de faciliter l’équilibre entre une vie familiale et professionnelle.

 

[1] https://www.ssb.no/arbeid-og-lonn/artikler-og-publikasjoner/far-jobber-mindre-mor-jobber-mer

[2] https://regjeringen.no/no/aktuelt/likestillingspolitisk-redegjorelse-2019/id2643307 

[3] https://familie.nav.no/om-foreldrepenger

[4] https://www.ssb.no/befolkning/faktaside/likestilling

[5] https://www.udir.no/tall-og-forskning/finn-forskning/tema/utdanningsspeilet-2019/barnehage/

[6] Ibid

[7] https://www.regjeringen.no/no/aktuelt/arbeid-mellom-klokken-21.00-og-23.00/id2547124/