La Norvège double son soutien pour les minorités religieuses

« Peu de groupes sont aussi vulnérables dans les guerres et les conflits que les minorités religieuses. Ils font l'objet de graves abus dans plusieurs pays. La liste est longue : les attaques de Daech sur les Yazidis en Irak, la pression sur les minorités chrétiennes au Moyen-Orient, et les attaques contre les chrétiens et les musulmans chiites au Pakistan. C’est la raison pour laquelle le gouvernement double son soutien pour les minorités religieuses, passant de 20 millions de couronnes norvégiennes (env. 2,1 millions d’euros) à environ 40 millions de couronnes (env. 4,3 millions d’euros) par an », déclare le ministre des Affaires étrangères Børge Brende.

« Dans tout juste un an, la communauté internationale célébrera le 70ème anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Pourtant, les études montrent que près de 70% de la population mondiale vit dans des pays où la liberté religieuse et de croyance sont limitées », poursuit M. Brende.

L'étendue et la nature de ces restrictions varient. De nombreux pays ont introduit une législation nationale qui restreint le droit à la liberté de religion et de croyance. Dans d'autres pays, la législation sur le respect des minorités et leur protection ont été adoptées, mais elles ne sont pas appliquées. Au contraire, des crimes contre les minorités religieuses peuvent être perpétrés, ce qui, à son tour, entraîne plus d'abus et de violence. Le programme de développement durable met l’accent sur le fait que personne ne doit être abandonné, et que la priorité doit être accordée à ceux qui sont les plus difficiles à atteindre.

« Les minorités sont surreprésentées parmi ceux qui vivent dans l'extrême pauvreté, et ils sont souvent difficiles à atteindre. Nous voulons donc intégrer les questions relatives aux minorités religieuses dans toutes les autres politiques de développement, en particulier dans les domaines de la santé et de l'éducation. C'est à la fois une bonne politique des droits de l'homme et une bonne politique de développement », ajoute M. Brende.

Dans le livre blanc sur les objectifs de développement durable et la politique de développement de la Norvège, le gouvernement expose son intention de promouvoir un plus grand respect et une protection de la liberté de religion et de croyance dans le monde entier. Dans cette perspective, le gouvernement souhaite :

• identifier et soutenir les mesures et les décisions aux niveaux national, régional et mondial qui peuvent améliorer le respect et la protection du droit à la liberté de religion et de croyance;

• cartographier la situation dans les différents pays et régions, et analyser les raisons pour lesquelles cette situation est bonne ou mauvaise ;

• identifier les obstacles existants et futurs à la liberté de religion et de croyance ;

• déterminer comment la Norvège peut soutenir le travail accompli dans des lieux où des progrès peuvent être faits ;

• mettre en place un projet pilote visant à améliorer la situation des minorités religieuses dans certains pays ;

• travailler avec des partenaires internationaux pour réaliser un effort plus cohérent dans ce domaine ;

• soutenir le rôle continu du Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté de religion ou de croyance.

En outre, une formation sera dispensée aux employés du ministère des Affaires étrangères qui doivent être affectés dans les pays où le droit à la liberté de religion et de croyance n'est pas respecté, afin de garantir qu'ils ont les connaissances et les compétences nécessaires en ce domaine.